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En tant que
(co)propriétaire, vous êtes tenu de rechercher la présence d'amiante dans vos
murs.
Avant d'acheter un appartement, vous êtes en droit d'exiger du
propriétaire une attestation de non présence d'amiante dans l'immeuble. Les notaires
doivent obligatoirement réclamer ce document lors de toute vente dans une copropriété.
A compter du 1er septembre 2002,
cette mesure qui ne concernait que les appartements a été étendue aux maisons
individuelles. Un état mentionnant la présence, ou le cas échéant l'absence de matériaux ou
produits de construction contenant de l'amiante doit être annexé à toute
promesse unilatérale de vente ou d'achat et à tout contrat réalisant ou
constatant la vente de certains immeubles bâtis ; immeubles bâtis dont le
permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, qu'ils
appartiennent à des personnes privées ou publiques.
Retrouver ce décret sur
juri-logement et une information
complète sur le site du
Ministère du Logement ( dans la rubrique "Infos
Pratiques")
Cette réglementation a pour unique but "d'informer l'acquéreur de l'état du
bien qu'il va acquérir. Le vendeur n'a aucune obligation de réaliser de
quelconques travaux.
> L'amiante est dangereuse
Résistant à la chaleur et au feu,
l'amiante a été largement utilisé dans le bâtiment comme isolant ou comme protection
contre l'incendie. Mais, lorsqu'il se dégrade, des fibres cancérigènes se répandent
dans l'atmosphère.
> Les obligations
Les obligations du propriétaire
résultent du
décret n° 96-97 du 7.02.1996 modifié par le décret
2001-840 du 13
Septembre 2000, relatif à
la protection de la population contre les risques sanitaires liés à une
exposition à l'amiante dans les immeubles bâtis collectifs, qui
appartiennent à des personnes privées ou à des personnes publiques.
Le propriétaire doit rechercher
pour tout immeuble :
-
la présence
de calorifugeages
contenant de l'amiante dans tous les immeubles dont le permis de construire
a été délivré avant le 1.01.1980
-
la présence
de flocages contenant de
l'amiante pour tout immeuble dont le permis de construire a été délivré
avant le 1.01.1980
-
la présence
de faux plafonds
contenant de l'amiante dans tous les immeubles construits avant le 1.07.1997
(date du permis de construire).
Ce décret impose à tout
propriétaire des délais de recherche et de diagnostic (avant l'exécution d'éventuels
travaux)
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Immeubles
bâtis |
Établissements |
Autres
immeubles
bâtis |
scolaires
facultés
crèches |
sanitaires
sociaux
bureaux
prisons |
|
avant
1950 |
01.01.1998 |
30.06.1998 |
31.12.1999 |
|
de 1950
à 1980 |
01.01.1997 |
30.06.1997 |
31.12.1999 |
01.01.1980
à
28.07.1996 |
01.01.1999 |
30.06.1999 |
31.12.1999 |
|
uniquement calorifugeages |
|
avant
le 01.07.1997 |
31.12.1999 |
faux
plafonds |
Retrouver sur
Juri-logement, l'ensemble des textes de lois de lutte contre l'amiante
> Les recherches à effectuer
Le propriétaire doit faire
systématiquement appel à un technicien de la construction qualifié, soit :
-
un contrôleur
technique agrée (A1), ou
-
un technicien
de la construction ayant contracté une assurance professionnelle pour ce
type de mission
Seul un des
techniciens précités peut attester de la présence ou non de flocages, de
calorifugeages ou de faux plafonds et, le cas échéant, de la présence ou non
d'amiante dans ces matériaux.
En cas de présence de flocages, de
calorifugeages ou de faux plafonds, et si un doute subsiste sur la présence d'amiante, le
propriétaire doit faire effectuer un ou des prélèvements représentatifs par le
technicien de la construction qualifié. Ce ou ces prélèvements font l'objet d'une
analyse qualitative par un organisme compétent en microscopie optique, en lumière
polarisée ou en microscopie électronique à transmission qui vérifiera la présence
d'amiante dans le matériau.
En cas de présence de flocages, de
calorifugeages ou de faux plafonds contenant de l'amiante, le propriétaire doit faire
appel à un technicien de la construction qualifié qui vérifie leur état de
conservation. Celui-ci remplit une grille d'évaluation réglementaire qui tient compte de
:
-
l'accessibilité du matériau,
-
son degré de dégradation,
-
son exposition à des chocs et à des vibrations,
-
mouvements d'air dans le local.
> Diagnostic
Deux types d'entreprises sont
habilitées à réaliser les diagnostics : les contrôleurs techniques agréés et les
techniciens de la construction assurés pour le risque amiante. Pour les parties communes,
la responsabilité incombe aux syndics. Pour les parties privatives, chaque
copropriétaire agit à sa guise.
La grille d'évaluation détermine
l'état de conservation des flocages, calorifugeages et faux plafonds contenant de
l'amiante et les mesures que le propriétaire doit prendre en fonction du résultat du
diagnostic.
Trois cas possibles :
-
les matériaux
ne sont pas dégradés.
-
les matériaux
commencent à se dégrader.
-
les matériaux
sont fortement dégradés.
Les matériaux ne sont pas dégradés
Le propriétaire doit procéder à un contrôle périodique de l'état de conservation de
ces matériaux. Ce contrôle est effectué dans un délai maximum de 3 ans à compter de
la date de la remise des résultats ou à l'occasion de toute modification substantielle
de l'ouvrage ou de son usage.
Les matériaux commencent
à se dégrader
Le propriétaire doit procéder à une surveillance du niveau d'empoussièrement (E) dans
l'atmosphère par un organisme agréé en microscopie électronique à transmission, soit
:
A le niveau "E" est inférieur ou égal à 5 fibres/litre : le propriétaire
doit procéder à un contrôle périodique dans un délai de 3 ans maximum à la
réception des résultats du contrôle ou à l'occasion de toute modification
substantielle de l'ouvrage ou de son usage.
B le niveau "E" est compris entre 5 et 25 fibres/litre : le délai est ramené
à 2 ans ;
C le niveau "E" est supérieur ou égal à 25 fibres/litre : le propriétaire
doit procéder aux travaux appropriés qui doivent être engagés dans un délai de 12
mois.
Attention
: De nouvelles obligations
incombent aux propriétaires d'immeubles collectifs bâtis avant le 1er juillet
1997 (décret du
13.9.01) :
Le seuil de contamination de
l'air à partir duquel les travaux de désamiantage s'impose a baissé :
Désormais le seuil de tolérance est fixé à 5 fibres par litre. Jusqu'à ce
seuil seul un nouveau contrôle de l'état des matériaux dans les 3 ans au plus
tard est exigé.
Au delà, les travaux doivent être réalisé dans les 36 mois.
Dans les immeubles précédemment contrôlés et où l'empoussièrement était compris
entre 5 et 25 fibres par litre, il faudra donc effectuer un désamiantage.
Plusieurs arrêtés devront bientôt
apportés plus de précisions.
Les matériaux sont
fortement dégradés.
Le propriétaire doit procéder à des travaux appropriés qui devront être engagés dans
un délai de 12 mois. Ces travaux peuvent être de 3 types :
-
fixation (revêtement de surface ou imprégnation),
-
encoffrement
-
enlèvement (dé flocage, dé calorifugeage).
> Les situations de travaux
En cas de travaux, l'entreprise doit
pouvoir justifier d'un certificat de qualification. Elle doit aussi mettre en oeuvre une
organisation du travail, des procédés et des techniques respectant les dispositions
réglementaires.
Les systèmes de protection collective et individuelle ainsi que les
contrôles visent à protéger le personnel effectuant le travail, mais aussi à
préserver la santé des personnes devant occuper les bâtiments ou les locaux voisins,
pendant ou après la réalisation des travaux.
Conformément au décret n° 96-98
du 7.02.96 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à
l'inhalation de poussières d'amiante, l'entreprise chargée des travaux doit faire une
déclaration préalable à l'inspection du travail, au moins un mois avant le démarrage
du chantier.
Il est nécessaire de bien évaluer
les risques :
-
en ce qui
concerne la technique de dé flocage, il est essentiel de n'y recourir que
dans des conditions parfaitement bien maîtrisées.
-
un
enlèvement de flocage contenant de l'amiante qui ne s'impose pas, peut créer
une situation à risques là où il n'y en avait pas auparavant.
Lors de travaux d'entretien, de maintenance, dont le but n'est pas de traiter l'amiante,
mais qui peuvent provoquer l'émission de fibres d'amiante :
-
le
propriétaire doit communiquer les résultats des recherches et des contrôles
effectués sur les flocages, calorifugeages et faux plafonds, à l'employeur
des personnes intervenant dans les bâtiments,
-
cet employeur
doit faire évaluer, par tout moyen approprié au type d'intervention, le
risque de présence d'amiante sur les équipements ou installations concernés
(article 27 du décret n° 96-98).
> Les obligations d'information
Le propriétaire doit tenir les
résultats des contrôles effectués et la description des mesures prises à la
disposition :
-
des occupants
de l'immeuble concerné,
-
des agents ou
des services habilités,
-
des inspecteurs du travail,
-
des agents du service de prévention des
organismes de sécurité sociale.
Il doit communiquer ces informations à toute personne appelée à effectuer des travaux
dans l'immeuble bâti.
Le dossier technique
amiante (autre obligation mise en place par le décret du
13.9.01
et incombant aux propriétaires d'immeubles collectifs bâtis avant le 1er
juillet 1997) :
Un dossier technique amiante devra être établi avant le 31 décembre 2005
(2003 pour les établissements ouverts au public et immeuble de grande
hauteur). Ce document implique le repérage de certains matériaux et
produits, dans les parties communes de l'immeuble, indiquant également la
localisation, l'état, les travaux réalisés...
Une note du Ministère du Logement en septembre 2002 précise que si le
dossier technique n'a pas été constitué, et dans la mesure où seulement la
copropriété peut faire procéder au repérage sur les parties communes, les
vendeurs peuvent se limiter, pour ces parties communes, à un constat portant
sur les seuls flocages, calorifugeages et faux plafonds. En attendant que ce
problème soit réglé, les vendeurs restent tenus de garantir à l'acheteur le
vice caché représenté par la présence éventuelle d'amiante dans les
matériaux non examinés.
Voir l’arrêté
du 22 août 2002 qui apporte plus de précisions.
> Les sanctions
Des contraventions peuvent être
dressées pour les propriétaires n'ayant pas rempli leurs obligations.
De plus, les personnes physiques et morales n'ayant pas satisfait aux obligations du
décret, peuvent être déclarées pénalement et civilement responsables.
> Les aides de l'Etat
Elles sont de deux natures :
Dispositions fiscales
Les travaux d'enlèvement, de
fixation ou d'encoffrement des matériaux contenant de l'amiante, portant sur
les locaux à usage d'habitation achevé depuis plus de deux ans, sont soumis
au taux réduit de TVA à 5,5 %. En revanche, les opérations de diagnostic
pour la recherche d'amiante sont soumises au taux normal de TVA.
La part supportée par un
propriétaire bailleur des dépenses relatives à des opérations de recherche
et de l'analyse de la nocivité de l'amiante, constitue une dépense
d'entretien déductible pour la détermination des revenus fonciers. Lorsque
les opérations de recherche mettent en évidence la présence d'amiante, les
dépenses d'enlèvement, de fixation et d'encoffrement sont également
déductibles.
Aides
à l'amélioration de l'habitat
-
Prime à l'Amélioration de
l'habitat (PAH) pour les propriétaires occupants dont les ressources ne
dépassent pas le plafonds réglementaire (circulaire 98-60 UHC/QC/11 du
25.05.1998).
-
Prime à l'Amélioration des
Logements à Usage Locatif et à Occupation Social (PALULOS) pour les
bailleurs sociaux circulaire 98-60 UHC/QC/11 du 22.05.1998).
-
Aide de l'Agence nationale pour
l'Amélioration de l'Habitat (ANAH) aux propriétaires bailleurs pour tout
travaux d'élimination ou d'isolation de matériaux contenant de l'amiante
(instruction fiscale 97-03 du 25.11.1997).
> Coût
Dans les cas les plus graves
(lorsque la présence de fibres d'amiante dans l'atmosphère est importante ou lorsque les
matériaux sont fortement dégradés) des travaux sont imposés. Le désamiantage devra
être effectué par une entreprise certifiée, indépendante de celle qui a établi le
diagnostic. Le coût moyen pour un diagnostic s'élève à 457,35 Euros (3 000 F) la journée.
En ce qui concerne les travaux de décontamination, les prix sont variables selon les
techniques utilisées mais comptez de
121,69
Euros (800 F) à 457,35
Euros (3 000 F)/m2.
> Les entreprises qualifiées
Si vous souhaitez connaître
les
entreprises qualifiées pour le retrait ou le confinement de l'amiante friable, nous vous
conseillons de consulter 2 sites :
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